santé sexuelle

SANTE SEXUELLE ET REPRODUCTIVE 

Je me revois encore toute petite, seule fille de ma mère dont je ne lâchais jamais le boubou blanc. Je la suivais un peu partout comme si j’avais peur d’affronter le monde et le regard des autres.

Santé Sexuelle Reproductive

Jusqu’à l’âge de 12 ans, je ne savais absolument rien de la sexualité. Je voyais mes seins prendre du volume. Je commençais à transpirer énormément et à ressentir des sensations qui m’étaient jusque-là inconnues.

Un jour, une sœur est venue me montrer un magazine de sexe. C’était pour la toute première fois que je voyais un pénis. Je revois encore mon visage et la peur qui s’y lisait, une peur qui a fait place à un dégoût à la vue d’un pénis à l’intérieur du vagin d’une dame toute nue qui ne semblait pas pleurer mais qui visiblement y prenait du plaisir. Ma cousine, étonnée de mon regard me posa une question : tu as quoi? Tu ne sais pas ce que c’est?  Là, elle se mit à rire aux éclats et à se moquer, tout en me traitant de villageoise. A lire aussi ” Lancement de la série MTV SHUGA BABI

C’est ainsi qu’elle m’informe pour la toute première fois de comment sont conçues les progénitures, comment un homme et une femme prennent du plaisir. (…) 

J’ai passé des semaines à être triste à pleurer pour un oui ou un non, juste à la simple pensée que le pénis raide en érection devrait rentrer dans mon tout petit vagin me blesser, me faire saigner, me faire mal au point de ne plus pouvoir tenir debout. Et puis, moi qui ai passé tout le temps à bercer les poupées me disant que j’aurai des enfants une fois grande, je suis passée de cette joie au dégoût.

Il faut noter que j’avais une idée toute faite de l’enfantement.

Santé Sexuelle ReproductiveUne fois mariés, l’homme et la femme se rendent à l’hôpital et d’un commun accord, le médecin leur donne un comprimé à prendre et au fil des mois le ventre grossit, grossit et toujours d’un commun accord, ils décident de retourner à l’hôpital mais cette fois, pour faire ouvrir le ventre et enlever le bébé. Rien qu’à penser à ces moments, j’avais les larmes aux yeux.

Il y a de cela 2 semaines, ma fille Matou, 07 ans, me disait que pour faire un enfant, on introduit une graine dans le ventre de maman et elle grossit, grossit et ensuite elle accouche comme j’ai accouché sa petite sœur Waxallah, 4 ans. Comme les temps ont bien changé.   

Quand j’ai eu mes menstrues pour la toute première fois, j’en ai parlé à ma mère. Je m’attendais à ce qu’elle s’évertue à me rassurer, à me guider, à me donner des explications comme le ferait toute mère. Hélas! elle n’a su placer un mot.

Je sentais dans son regard, une gêne à aborder le sujet avec moi. Mais j’ai compris après, que le problème était son éducation. La pudeur l’en a empêché. 

Je partais à l’école et je devais déjà supporter le regard que j’avais sur ma personne avec ce sang dans mes dessous. Je ne me sentais pas du tout normal. Je ne cessais de me laver à chaque heure; je priais pour ne plus avoir ce liquide sortir de moi. Je croyais que j’allais mourir et cette pression était horrible. À un moment, une amie dont la mère n’avait eu aucune gêne m’en a parlé. Et j’ai su me protéger. J’ai commencé à en avoir moins peur.

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A cette époque aussi mon autre défi était mes rondeurs qui ne laissaient personne indifférente. J’étais l’objet d’un harcèlement qui ne disait pas son nom.J’ai dû supporter dans le silence les pleurs de mon âme, les incompréhensions de la vie et je me suis plongée dans les livres.

Était-ce de la chance ? Je ne saurai le dire. Mais les autres filles auront-elles cette chance ? Savent-elles qu’elles n’ont aucune obligation d’accepter les avances? Sauront-elles même résister à l’appel de la chair au lendemain de leur puberté ? Seront-elles si fortes pour résister à des amitiés qui vous obligent à faire comme le reste du groupe pour être “yêrê”? Avec qui vont-elles parler de leur menstrues, du professeur qui les harcèle ? Avec qui? 

Santé Sexuelle réproductiveAprès mon parcours et les nombreuses leçons tirées, j’ai eu un déclic suite à une expérience enrichissante de bénévolat lors du Icasa 2017 à Abidjan en Côte d’Ivoire. J’ai alors pris l’engagement de protéger ces filles, de ne créer aucune barrière entre elles et moi, de parler de sexualité de façon ouverte, d’être cette oreille attentive qui les écoute religieusement sans les juger.

J’ai senti comme une mission, un devoir de protéger toutes ces filles qui ont surement des mamans comme la mienne et qui doivent être désorientées et assoiffées de conseils. C’est ainsi qu’est né Allo Bénévole. Mon association. Comme notre slogan l’indique, la passion est au cœur de nos actions. Visitez le site Allô Bénévole

Les questions de droit en santé sexuelle et reproductive me passionnent énormément. Inutile de vous dire à quel point cet atelier de 3 jours organisé par Engenderhealth est venu à point nommé car il m’a beaucoup appris, instruit et armé pour ma mission de sensibilisation, d’information, d’écoute, d’orientation et de prévention.

Santé Sexuelle Réproductive

Avant cet atelier, la seule méthode de prévention qui m’était accessible et que je connaissais était le préservatif. Grâce à la visite terrain que nous avons effectué, j’ai pu connaître de fond en comble les autres méthodes de contraception comme la méthode naturelle, la mama que j’ignorais jusque-là, les spermicides, les implants, les pilules dont j’avais une vague idée et les dispositifs intra utérin (DUI). Aujourd’hui je me sais bien outillée pour orienter, conseiller et éduquer. 

L’information est une arme puissante. Si elle est utilisée convenablement, elle peut réduire considérablement les barrières, aider 

Santé Sexuelle Réproductiveà prévenir les IST, les grossesses non désirées, les mariages forcés et aussi faciliter l’accès au droit de disposer de son corps comme on l’entend.

Avec Allô Bénévole, je rêve de ce monde où la jeune adolescente est éduquée à la santé sexuelle et reproductive.